La mer monte et ne s’arrête plus

A l’issue de la COP 27 de Charm el-Cheikh en Égypte, les projections des scientifiques concernant le réchauffement climatique sont de plus en plus pessimistes. La disparition des glaciers et la montée des eaux sont devenus inévitable et la fonte du permafrost de plus en plus probable.

La COP 27 de Charm-el-Cheikh s’est achevée avec un bilan encore une fois alarmant… mais on est habitué. Comme on pouvait s’y attendre, le sujet crucial des énergies fossiles a été soigneusement évité. Aucun engagement de réduction de l’usage du gaz, du pétrole et du charbon n’a été pris, ni aucun engagement d’arrêt des financements de ces sources d’énergie… qui représentent 75% de nos émissions de gaz à effet de serre.

Encore une COP pour rien !

L’enjeu de la lutte contre les inégalités n’a pas non plus été réellement abordé : faute d’une action systémique, l’écart de richesses entre riches et pauvres continue de s’accroitre, et avec lui, les inégalités environnementales, et l’acceptabilité de la transition éco-énergétique. La question de la sobriété et la remise en cause de nos modèles de croissance ont également été ignorées. 

Pourtant tous les feux sont au rouge. Un rapport dévoilé lors de cette conférence a révélé des projections alarmantes à propos de la fonte des glaces. D’ici à la fin du siècle, les océans devraient monter d’un mètre autour des îles du Pacifique et de l’océan Indien. À titre de comparaison, le niveau moyen des mers et océans avait augmenté d’environ 23 cm en un siècle (depuis la fin du XIXᵉ siècle). Le phénomène s’est donc nettement accéléré ces dernières 25 années.

La situation est à ce point désespérée que, dans une vidéo adressée à la COP, un ministre des îles Tuvalu (plus petit État au monde avec le Vatican, Monaco et Nauru) a annoncé que son pays allait devenir la première nation à intégrer le métavers. Le but étant de préserver l’histoire et la culture de l’archipel, menacé de disparition devant cette élévation du niveau de la mer.

Fonte des glaces et montée des eaux

Cette inexorable montée des eaux dans les mers et les océans est une des conséquences directes de la hausse des températures. Dans les projections indiquées, en cas de forte hausse, de +4 à 5° C, le niveau des océans pourrait augmenter de deux mètres d’ici à la fin du siècle, soit deux fois plus que les prévisions précédentes du GIEC.

Est-il encore temps d’agir ? Si l’augmentation des températures est contrôlée (de +1,6 à 1,8° C), la hausse du niveau des mers et océans pourrait être limitée à 50 cm d’ici à la fin du siècle. Même si la perte de calotte glaciaire est inévitable une fois enclenchée, elle peut être ralentie pour se produire sur des échelles de temps plus longues si les températures restent proches de 1,5° C. Cela donnerait aux résidents des côtes plus de temps pour s’adapter à l’élévation du niveau de la mer.

Mais les efforts à fournir sont considérables. Il faudrait diviser par deux les émissions de CO2 d’ici à 2030, et les réduire à 0 pour 2050. Le message des scientifiques est clair : il ne reste que peu de temps pour agir.

Autre phénomène inquiétant révélé par les scientifiques lors de ce rapport : la disparition totale de la glace dans l’océan Arctique durant l’été. Les scientifiques pensent désormais que cela est inévitable, et susceptible de se produire au moins une fois avant 2050, même dans un scénario d’émissions très faibles.

La disparition des glaciers

En montagne, le sort des glaciers est le même qu’en mer. Nombre d’entre eux sont amenés à disparaître complètement, comme dans le nord des Andes, en Afrique de l’Est, en Indonésie… Aussi, la glace devrait complètement disparaître des Pyrénées dans les prochaines décennies.

La disparition des glaciers est plus rapide que prévu – TV5MONDE

Les précipitations seront de plus en plus sous forme de pluie dans les montagnes, et non de neige. Dans certaines régions, les impacts de la fonte des glaciers et de la fonte des neiges sur la disponibilité en eau douce vont inévitablement participer à l’accroissement des tensions et conflits liés aux ressources en eau.

En France, si des efforts considérables sont faits pour limiter les émissions, certains glaciers des Alpes pourraient résister et même regagner en densité à partir de 2100.

Le permafrost peut-il tenir ?

Enfin, le rapport évoque également le phénomène de la fonte de certaines terres gelées en permanence, les permafrosts. Si leur fonte semble moins préoccupante que celles des glaciers en mer ou en montagne, elle pourrait être catastrophique. Ces sols sont très concentrés en CO2 et en méthane. En libérant une quantité astronomique de ces gaz à effet de serre dans l’air, ils contribueraient à accélérer encore le réchauffement climatique, et former un véritable cercle vicieux.

Le seul moyen à notre disposition pour minimiser ces risques est de conserver autant de permafrost que possible dans son état actuel (c’est-à-dire gelé), en maintenant la température globale à 1,5° C, dans les zones concernées : l’Alaska, le Canada, la Russie et l’Arctique.

A PROPOS

Philippe Monteiro da Rocha
Philippe Monteiro da Rochahttps://www.aujourdhui.com
Passionné de psychologie positive, Philippe est responsable éditorial d'Aujourdhui.com. Adressez-vous à lui si vous avez des compliments ou des critiques à faire...
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