Un monde sans plastique est-il possible ?

La pollution plastique est partout : dans l’air que nous respirons, dans les glaces de l’Arctique, dans l’eau que nous buvons, les vêtements que nous portons, les poissons que nous mangeons et même dans nos organismes. Mais l’impact des déchets plastiques et de l’industrie du plastique sur le changement climatique est souvent pris à la légère.

Selon les experts, il y aurait actuellement 150 millions de tonnes de déchets plastiques dans les océans (86% de ces déchets sont produits en Asie contre moins de 1 % en Europe).

Un petit pas pour faire ta part

Le fait de limiter ton usage de plastique a un double impact : sur la pollution de l’environnement d’abord, et sur la réduction de ton empreinte carbone personnelle, car la plupart des plastiques sont issus des hydrocarbures.

Je t’explique pourquoi c’est une excellente idée avec ces trois arguments :

  1. D’abord, pour te faire peur… Le plastique est partout et même en toi ! En moyenne, un individu peut avaler jusqu’à 5 g de plastique chaque semaine, ce qui équivaut au poids d’une carte de crédit*.
  2. Le plastique ne disparait jamais totalement et pollue aussi l’environnement.
  3. L’État français a banni les sacs de caisse en plastique, gobelets, assiettes jetables, cotons-tiges, pailles… et a pour objectif de sortir complètement du plastique jetable d’ici à 2040. On va supporter ça 20 ans de plus ?

Si tu veux faire ta part, demande-toi par exemple comment remplacer l’eau (ou les autres boissons) en bouteille par l’eau du robinet ?

L’impact environnemental de l’eau en bouteille est 400 fois supérieur à l’eau du robinet. Elle coute 100 fois plus cher à cause de l’emballage et du transport.

Aujourd’hui, 14 % des plastiques d’emballage produits dans le monde sont triés et 10 % sont vraiment recyclés. Le ♻️ n’est pas une solution magique !

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Cette suggestion est l’un des 10 Petits Pas pour Faire Ma Part et réduire mon empreinte carbone personnelle de moitié.

10 % du budget carbone de la planète

Quand tu tries tes déchets, est-ce que tu n’as pas, comme moi, le sentiment du devoir accompli ? Grâce à nous, ces bouteilles vides, ces emballages défraîchis et ces pots de yaourts sont promis à une nouvelle vie.

Mais on ne se débarrasse pas du plastique aussi facilement. Il ne disparaît pas comme par enchantement ! Moins de 10 % du plastique est recyclé et le reste est tout bonnement rejeté dans la nature, décharges, rivières et océans…

Nous produisons deux fois plus de déchets qu’il y a 40 ans et près de la moitié sont en plastique. En majorité des emballages qui, le plus souvent, servent quelques minutes, quelques heures ou quelques semaines avant d’être jetés.

Le plastique est produit à partir de combustibles fossiles et représente entre 6 et 8 % de la consommation mondiale de pétrole. Cette production pourrait atteindre 20 % d’ici 2050. Les procédés de production de matières plastiques engendrent donc un volume colossal d’émissions de gaz à effet de serre.

En effet, on estime que les émissions de gaz à effet de serre pour le plastique atteindront 1,34 milliard de tonnes par an d’ici 2030. Les émissions cumulées pourraient dépasser 50 milliards de tonnes d’ici 2050, soit environ 10 % du budget carbone total.

Avec un taux de croissance annoncé de 3 % par an pour les décennies qui viennent, le problème de la pollution plastique va donc s’aggraver et même accélérer.

Indispensable et indestructible

La plupart des plastiques sont issus des hydrocarbures. Mélangés à d’autres substances chimiques, on peut lui donner à peu près n’importe quelle forme et résistance. Le vrai problème avec le plastique, c’est justement sa résistance : il ne se désagrège pas dans la nature, il y reste longtemps… Très longtemps !

Et même s’ils finissent un jour par se décomposer, les plastiques ne disparaissent jamais complètement et leurs composants polluent l’environnement. Alors, comment traiter le plastique ?

  • La première méthode (la plus usitée) consiste à empiler les déchets dans une décharge « officielle ». 40% de nos rejets plastiques finissent là. Les décharges sont réglementées dans les pays développés car elles doivent pouvoir contenir les fuites de polluants. Mais dans de nombreux pays, elles s’apparentent à des montagnes de déchets, ce qui est dramatique pour les écosystèmes.
  • Pire encore, il y a les décharges sauvages où les déchets sont abandonnés dans la nature : c’est là qu’atterrit un tiers de notre pollution plastique qui échappe totalement aux filières de retraitement. Portés par le vent, les ruisseaux, les fleuves, ces déchets finissent la plupart du temps dans les océans pour former des continents de plastique avec les conséquences que l’on devine pour les écosystèmes marins.
  • L’autre solution pour traiter le plastique, c’est la destruction thermique. Cela représente 14 % des déchets plastiques qui sont ainsi incinérés. Ça permet en outre de produire de l’énergie par combustion. Mais ce mode d’élimination génère des émissions de polluants atmosphériques. En bout de chaîne, 30% du volume de plastique subsiste : des résidus toxiques qui doivent être entreposés dans des sites de stockage de déchets dangereux.

Et le recyclage dans tout ça ?

Enfin, il y a le recyclage qui concerne les plastiques qui peuvent être modifiés par des opérations de chauffage et de refroidissement. Les plastiques sont collectés, compressés, broyés, lavés et régénérés en granulés. Ils servent alors de matière première pour de nouveaux usages.

La solution du recyclage est séduisante mais seulement 14 % des plastiques d’emballage produits dans le monde sont triés et 10 % sont vraiment recyclés. Le tri sélectif n’est pas une pratique si courante dans le monde !

Le vrai malaise du recyclage du plastique, c’est que la matière recyclée n’est pas compétitive face au plastique neuf très peu cher. L’autre problème, c’est qu’au fil des recyclages, les plastiques recyclés deviennent moins performants et moins résistants.

Solutions alternatives et interdictions

Les recherches de solutions alternatives pour fabriquer un plastique plus écologique ont émergé partout dans le monde. On appelle cela les plastiques biosourcés : ils peuvent être produits à base d’algues, d’amidon de pomme de terre, de blé, de maïs, de betterave, de canne à sucre et même de crevettes.

Mais l’innovation, l’industrialisation et la commercialisation de ces nouvelles matières bio prendront du temps, sans doute des décennies. D’ici là, rien ne pourra pallier notre appétit pour le plastique d’origine fossile. Sauf peut-être la Loi…

Depuis 2016, l’État interdit les sacs de caisse en matières plastiques à usage unique. Depuis 2020, ce sont les gobelets, les assiettes jetables et les cotons-tiges en plastique qui sont bannis. Depuis 2021, les pailles et les bouteilles en polystyrène sont également proscrits. L’objectif est de sortir complètement du plastique jetable d’ici à 2040.

Des bactéries contre la pollution plastique ? Le Monde

Autre piste d’espoir contre la pollution plastique, les recherches actuellement menées sur les PHA, des bactéries qui produisent naturellement du plastique. Elles permettent d’obtenir des granulés de bioplastique qu’il faut ensuite faire fondre pour fabriquer de la matière utilisable par l’industrie. Avantage principal, le PHA se dégrade rapidement (en une année environ) dans les milieux naturels comme les fleuves et les océans.

En attendant des applications pratiques, les chercheurs estiment que le volume global de plastique présent sur terre doublera d’ici à 2050. Le poids de plastique dans les océans sera alors équivalent à celui de toute la faune marine de la planète.

Comme l’essentiel de la pollution plastique provient des emballages, la première solution, actionnable par chacun de nous, consiste à ne plus acheter de produits conditionnés sous plastique. Mission impossible ?

De plus en plus de magasins proposent des produits en vrac et de nombreuses enseignes ont complètement banni les emballages.

À présent, c’est à nous, les consommateurs, de faire l’effort de venir au magasin ou au marché avec nos récipients réutilisables en verre, en papier et pourquoi pas même, en plastique durable !

* Étude de l’université de Newcastle (Australie) commandée par l’organisation WWF.

A PROPOS

Catherine de Helialyshttps://helialys.com/
Catherine s'est engagée pour participer, à son échelle, à la protection de la planète. Retrouvez son programme gratuit 10 Petits Pas Climat ou proposez-lui d'animer une Fresque du Climat.
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